En lisant "Sicile" de Maupassant, récit de son voyage
sur cette île où il décrit à merveille les
monuments qu'il contemple et aussi un peu de la vie de ses habitants, je
découvre un passage - que je vous partage ci-après - qui fait écho
à une interrogation qui est la mienne depuis longtemps au sujet de
la posture du public face à une représentation de spectacle vivant,
qu'elle soit théâtrale, musicale, ou de toute autre forme, ne restons pas sur les formats classiques. Qu'est-ce qui fait que l'on peut,
que l'on doit, rire, applaudir ou encourager, s'exclamer, laisser
« éclater nos impressions » comme le dit Maupassant, ou
à l'inverse observer le silence, contempler passivement et
intérioriser les émotions qui nous traversent ?
On me racontait à l'occasion une anecdote qui illustre cette
question. Au cours d'une représentation à la MC2 d'une cantatrice
italienne, un spectateur se mit à chanter et accompagner
l'artiste. Le public soufflait des
« chuts » exigeant de ce perturbateur qu'il respecte le
calme qui leur semblait de rigueur pour jouir du spectacle. Elle, sur scène,
réagit à l'inverse, invitant le public à suivre ce gai luron et à se
laisser aller. Je ne sais pas si la salle froide s'est transformée
en foule vibrante, on ne me raconta pas cette partie ; mais il
me reste en tête le choc entre ces deux images.
N'ayant pas approfondi plus la réflexion pour prétendre à une
analyse de ces comportements, je ne peux m'empêcher d'effectuer deux
parallèles très simples qui renvoient à deux modes de vie
moyen-âgeux qui s'opposent. D'un coté, la communion des émotions
d'une foule, qui s'exalte collectivement, me fait penser à ce qui, il y
a longtemps, ressemblait à une liasse populaire telles que dans les
foires, au cirque, les fêtes de village. De l'autre le calme d'un
public qui enfouit ses émotions pour les vivre dans l'intimité de sa personne me rappelle l'image des milieux nobles ou mondains que
nous décrivent les livres et les films et dans lesquels les individus vivent
selon les codes de bienséance de leur rang. La spontanéité et la
part organique de l'homme, face aux poids et la froideur des normes
des castes qui se voudraient supérieures.
Je ne m'étale pas plus sur ces rapprochements imagés; si ça suscite en vous des réactions, si vous avez d'autres lectures ou références qui illustrent ces visions, partagez-les
moi dans les commentaires ci-dessous. Je vous laisse découvrir ce
très beau passage de Maupassant, un parmi tous ceux où il donne à
lire les hommes avec brio.
Toutes les impressions du public éclatent, aussitôt qu'il les
éprouve. Nerveuse à l'excès, douée d'une oreille aussi délicate
que sensible, aimant à la folie la musique, la foule entière
devient une sorte de bête vibrante, qui sent et qui ne raisonne pas.
En cinq minutes, elle applaudit avec enthousiasme et siffle avec
frénésie le même acteur ; elle trépigne de joie ou de colère, et
si quelque note fausse s'échappe de la gorge du chanteur, un cri
étrange, exaspéré, suraigu, sort de toutes les bouches en même
temps. Quand les avis sont partagés, les «chut» et les
applaudissements se mêlent. Rien ne passe inaperçu de la salle
attentive et frémissante qui témoigne, à tout instant, son
sentiment, et qui parfois, saisie d'une colère soudaine, se met à
hurler comme ferait une ménagerie de bêtes féroces.
Sicile, Guy de Maupassant
vendredi 30 décembre 2011
samedi 16 juillet 2011
MC2 à Grenoble, la trahison de l'esprit Malraux
Lorsqu'il inaugurait la maison de la Culture de Grenoble en 68, Malraux prononçait un discours, chargé de sens encore aujourd'hui. Je cite un extrait qui, à l'évidence 40 ans plus tard, a été incompris:
' La Maison de la Culture ne répond nullement à un besoin de distraction. Que l'on m'entende bien: certes, on ne vient pas ici pour s'ennuyer. Mais finissons en avec un malentendu né il y a trente ans, lorsque la culture était tenue pour une occupation privilégiée des loisirs. Il n'y a pas de culture sans loisirs, c'est évident. J'insiste sur ceci: ne voir dans la culture qu'un emploi des loisirs, c'est assimiler le public des Maisons de la Culture à la bourgeoisie de naguère. La distraction de cette bourgeoisie, c'étaient les tournées. La collectivité qui s'inscrit aux Maisons de la Culture attend de nous tout autre chose que les tournées pour tous. '
Qu'en est-il aujourd'hui? Le public achète une place ponctuelle ou un abonnement annuel pour se rendre aux représentations des spectacles programmés par les professionnels de la MC2, spectacle qui d'ailleurs tournent d'une scène nationale de grande ville à une autre. Ce n'est rien d'autre qu'une optique de consommateur de loisir. Elus locaux, pour reprendre les propos de Malraux, vous "assimilez le public des maisons de la Culture à la bourgeoisie de naguère" ...
Autre extrait si fort de signification:
Nous sentons que la culture occidentale est en pleine mutation (...). Mais aussi parce qu'à maints égards, la culture qui nous est léguée fut celle de la bourgeoisie. (...) La métamorphose qu'apporteront, en une génération, les Maisons de la Culture comme celle-ci, (...), pour être moins manifeste que celle qu'apporte l'Union Soviétique, ne sont peut-être pas moins décisives. Jean Vilar a fortement agi sur le public du Théâtre National Populaire, mais ce public a fortement agi sur l'oeuvre de Jean Vilar. Ici, les spectateurs, qu'ils le sachent ou non, sont aussi des acteurs. Avec la nation entière à la place d'une classe privilégiée, avec les nouveaux moyens de diffusion des oeuvres, la culture change de nature.
Malraux bafoué dans son voeu le plus cher. Nous sommes loin de la participation des habitants dans la construction des objectifs culturels de la MC2. La sélection artistique a lieu en cercle fermé d'élites; nous laissons "une classe privilégiée" choisir ce qu'il est bon de donner à voir à une population, qui n'a nullement la place pour donner son avis mais qui pourtant cherche à le faire entendre ( voir les mobilisations des structures culturelles grenobloises)
André, Nous entends-tu de là-haut ? Tout ça n'a pas changé: "la culture qui nous est léguée" est encore "celle de la bourgeoisie".
' La Maison de la Culture ne répond nullement à un besoin de distraction. Que l'on m'entende bien: certes, on ne vient pas ici pour s'ennuyer. Mais finissons en avec un malentendu né il y a trente ans, lorsque la culture était tenue pour une occupation privilégiée des loisirs. Il n'y a pas de culture sans loisirs, c'est évident. J'insiste sur ceci: ne voir dans la culture qu'un emploi des loisirs, c'est assimiler le public des Maisons de la Culture à la bourgeoisie de naguère. La distraction de cette bourgeoisie, c'étaient les tournées. La collectivité qui s'inscrit aux Maisons de la Culture attend de nous tout autre chose que les tournées pour tous. '
Qu'en est-il aujourd'hui? Le public achète une place ponctuelle ou un abonnement annuel pour se rendre aux représentations des spectacles programmés par les professionnels de la MC2, spectacle qui d'ailleurs tournent d'une scène nationale de grande ville à une autre. Ce n'est rien d'autre qu'une optique de consommateur de loisir. Elus locaux, pour reprendre les propos de Malraux, vous "assimilez le public des maisons de la Culture à la bourgeoisie de naguère" ...
Autre extrait si fort de signification:
Nous sentons que la culture occidentale est en pleine mutation (...). Mais aussi parce qu'à maints égards, la culture qui nous est léguée fut celle de la bourgeoisie. (...) La métamorphose qu'apporteront, en une génération, les Maisons de la Culture comme celle-ci, (...), pour être moins manifeste que celle qu'apporte l'Union Soviétique, ne sont peut-être pas moins décisives. Jean Vilar a fortement agi sur le public du Théâtre National Populaire, mais ce public a fortement agi sur l'oeuvre de Jean Vilar. Ici, les spectateurs, qu'ils le sachent ou non, sont aussi des acteurs. Avec la nation entière à la place d'une classe privilégiée, avec les nouveaux moyens de diffusion des oeuvres, la culture change de nature.
Malraux bafoué dans son voeu le plus cher. Nous sommes loin de la participation des habitants dans la construction des objectifs culturels de la MC2. La sélection artistique a lieu en cercle fermé d'élites; nous laissons "une classe privilégiée" choisir ce qu'il est bon de donner à voir à une population, qui n'a nullement la place pour donner son avis mais qui pourtant cherche à le faire entendre ( voir les mobilisations des structures culturelles grenobloises)
André, Nous entends-tu de là-haut ? Tout ça n'a pas changé: "la culture qui nous est léguée" est encore "celle de la bourgeoisie".
Hotmail bloqué, decevant Microsoft
Certains d'entre vous sont peut-être déjà spammé par des adresses hotmail de leurs amis. Peut etre vous meme avez-eu le message ici-bas sur votre compte hotmail!
Qu'est-ce que ça veut bien dire tout ça? Hotmail, boite mail du géant microsoft, est incapable de sécuriser ses accès ? Decidement, chez microsoft, on fait des windows qui plantent sans cesse, et des boites mails piratables...
Pour s'en sortir que nous propose-t-on ? Donner notre num de telephone. ok pourquoi pas, sauf que... il sera d'office mis sur votre profil Windows Live ! On fait moultes débats sur la vie privée et le net, mais on se demande qui les entend. Pas microsoft...
Déceptions... en attendant, et pour toujours sans doute, je n'utilise plus ma boite Hotmail, ne m'y écrivez plus!
Votre compte a été bloqué
Pourquoi ce message s'affiche t-il ? Une autre personne a peut-être utilisé votre compte pour envoyer un nombre important de messages indésirables (ou effectuer d'autres activités qui ne respectent pas le Conditions d'utilisation de Windows Live). Nous allons vous aider à récupérer votre compte.
Que devez-vous faire ?
Nous allons vous demander de nous fournir un numéro de téléphone qui nous permettra de vous envoyer un code de vérification. Ce numéro de téléphone sera ajouté à votre profil Windows Live. Une fois le code saisi, vous pouvez modifier votre mot de passe et vous connecter.
Nous avons modifié les paramètres de votre compte
Les utilisateurs arrivent ici, car quelqu'un d'autre a accédé à leur compte sans qu'ils le sachent et l'utilisent pour envoyer du courrier indésirable. Pour vous protéger, ainsi que vos contacts, nous avons supprimé les réponses automatiques Hotmail ou les comptes liés que vous aviez.
Qu'est-ce que ça veut bien dire tout ça? Hotmail, boite mail du géant microsoft, est incapable de sécuriser ses accès ? Decidement, chez microsoft, on fait des windows qui plantent sans cesse, et des boites mails piratables...
Pour s'en sortir que nous propose-t-on ? Donner notre num de telephone. ok pourquoi pas, sauf que... il sera d'office mis sur votre profil Windows Live ! On fait moultes débats sur la vie privée et le net, mais on se demande qui les entend. Pas microsoft...
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Que devez-vous faire ?
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Noël, qu'es-tu vraiment ?
Fête traditionnelle, Noël est l'occasion de se réunir en famille et de passer un moment de plaisir avec les gens qu'on aime. Parfois le seul temps de l'année où une famille parvient à être au complet. Un long repas frugal, dans un intérieur chaud et décoré en circonstance, contribue au caractère exceptionnel de ces retrouvailles familiales. Le tout arrosé par des coupes ou ballons d'alcools sélectionnés pour l'occasion, ponctué pour digérer d'une ballade au grand air frais, d'une partie de carte ou autre jeu de société. Au delà des efforts de préparation culinaire, c'est un bonheur assez élémentaire finalement, qui fait du bien a toute la famille. Au milieu vient se glisser le rituel des cadeaux, temps préféré des enfants. Papiers arrachés et emballages déballés jonchent le sol de la maison après que chacun ait découvert ce que ses bienfaiteurs lui ont offert pour célébrer la naissance du divin enfant Jésus. Parfois même l'oncle blagueur de la famille enfilera un costume rouge et une barbe blanche pour incarner le père Noël à qui les yeux ébahis des enfants donneront toute sa magie. On rigole. On se remercie pour les cadeaux. On est heureux...
En amont de ce chaleureux tableau collectif presque chacun s'est activé à parcourir les centres commerciaux, à la recherche DU cadeau qui plaira au frère, parent, enfant, cousin... Entre l'ustensile à la mode du moment, l'objet de décoration artisanale, le produit frais du terroir, le vêtement de marque ou la dernière parution du chanteur ou écrivain apprécié, on enchaine les magasins pour acheter les bons cadeaux; intérieurement les questions suivantes nous martèlent: « qu'est-ce qui lui ferait plaisir? », « de quoi a-t-il besoin? », « va-t-il aimer? ». A peine se rend-on compte qu'on ne sait finalement pas ce qui leur ferait plaisir aujourd'hui, ce dont ils ont besoin en ce moment... sans doute parce qu'on ne dispose pas d'assez de temps avec eux pour connaître ces petites choses. Ainsi passe-t-on de longues heures du mois de décembre à ne pas réaliser qu'on court derrière le spectre du cadeau en oubliant que l'essentiel n'est pas là. Le temps familial plein d'amour et de générosité est prétexte à l'instauration d'une messe sainte de la Grande Consommation, durant le mois de décembre. Petit Jésus est devenu l'enfant béni des services commerciaux; les patrons peuvent remercier Coca-Cola d'avoir contribué à iconiser internationalement le père Noël, déformant un généreux saint des froids pays européens célébré au début décembre
Ah, Noël, qu'es-tu vraiment? Anniversaire d'un petit Jésus dont on a jamais su la vrai date de naissance, transformation d'un St Nicolas protecteur des enfants en père Noël distributeur universel de cadeau, fête chrétienne balayant jadis les coutumes païennes pour devenir aujourd'hui frénésie du pouvoir d'achat jusqu'aux adeptes des autres religions...
Quant à moi, la course aux cadeaux au sein des fourmilières à consommateurs, agrémentées d'étalages racoleurs, m'oppresse, et ma famille habite loin. Alors cette année, j'ai offert à chaque membre de la famille, une orange et une invitation à venir me voir dans les alpes... je leur cuisinerai un repas frugal, nous nous promènerons ou jouerons à nouveau. Sans doute ne ferai-je pas de décoration spéciale pour l'occasion, mais ce sera à nouveau le plaisir d'être ensemble, le seul vrai plaisir de Noël.
En amont de ce chaleureux tableau collectif presque chacun s'est activé à parcourir les centres commerciaux, à la recherche DU cadeau qui plaira au frère, parent, enfant, cousin... Entre l'ustensile à la mode du moment, l'objet de décoration artisanale, le produit frais du terroir, le vêtement de marque ou la dernière parution du chanteur ou écrivain apprécié, on enchaine les magasins pour acheter les bons cadeaux; intérieurement les questions suivantes nous martèlent: « qu'est-ce qui lui ferait plaisir? », « de quoi a-t-il besoin? », « va-t-il aimer? ». A peine se rend-on compte qu'on ne sait finalement pas ce qui leur ferait plaisir aujourd'hui, ce dont ils ont besoin en ce moment... sans doute parce qu'on ne dispose pas d'assez de temps avec eux pour connaître ces petites choses. Ainsi passe-t-on de longues heures du mois de décembre à ne pas réaliser qu'on court derrière le spectre du cadeau en oubliant que l'essentiel n'est pas là. Le temps familial plein d'amour et de générosité est prétexte à l'instauration d'une messe sainte de la Grande Consommation, durant le mois de décembre. Petit Jésus est devenu l'enfant béni des services commerciaux; les patrons peuvent remercier Coca-Cola d'avoir contribué à iconiser internationalement le père Noël, déformant un généreux saint des froids pays européens célébré au début décembre
Ah, Noël, qu'es-tu vraiment? Anniversaire d'un petit Jésus dont on a jamais su la vrai date de naissance, transformation d'un St Nicolas protecteur des enfants en père Noël distributeur universel de cadeau, fête chrétienne balayant jadis les coutumes païennes pour devenir aujourd'hui frénésie du pouvoir d'achat jusqu'aux adeptes des autres religions...
Quant à moi, la course aux cadeaux au sein des fourmilières à consommateurs, agrémentées d'étalages racoleurs, m'oppresse, et ma famille habite loin. Alors cette année, j'ai offert à chaque membre de la famille, une orange et une invitation à venir me voir dans les alpes... je leur cuisinerai un repas frugal, nous nous promènerons ou jouerons à nouveau. Sans doute ne ferai-je pas de décoration spéciale pour l'occasion, mais ce sera à nouveau le plaisir d'être ensemble, le seul vrai plaisir de Noël.
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