Texte complet en 6 parties
0. Avant propos sur ces ecrits inspirés du voyage au Senegal
1. Les questions sociales et le travail
2. La découverte des villages et la culture sénégalaise rurale
3. Etudier, se former, entreprendre... des pannes
4. Popenguine, un modèle de développement local
----------------------------------------------------------------------------------- 0. Avant propos sur ces ecrits inspirés du voyage au Senegal
1. Les questions sociales et le travail
2. La découverte des villages et la culture sénégalaise rurale
3. Etudier, se former, entreprendre... des pannes
4. Popenguine, un modèle de développement local
J'ajoute ici un chapitre issu du mémoire "L'impact des politiques macroeconomiques sur la pauvrete au Senegal" ,par Mouhamed LO , Université Cheikh Anta Diop de Dakar - Maitrise 2009 . Il se situe à cheval sur mes différentes parties. L'ayant lu après rédaction, je l'insère tel quel:
1.3.2.2- Environnement socioculturel et pauvreté
L'environnement socioculturel comprend le système
de croyances et de valeurs qui ne favorisent pas toujours l'adoption
des innovations et des transformations propices à l'avènement d'une
société dynamique et prospère. Cet environnement influence et
conditionne les comportements des différents acteurs face à la
situation de pauvreté. Les tensions entre les systèmes économiques
et les valeurs sociales dominantes requièrent forcément la mise en
oeuvre d'ajustements socioculturels sans laquelle les performances
économiques aussi bien individuelles que collectives peuvent
demeurer relativement faibles et non durables.
Au Sénégal, les mécanismes socioculturels
générateurs de pauvreté interviennent aussi bien au niveau rural
qu'au niveau urbain. Ils ont pour noms : les modèles de consommation
extravertis et non adaptés aux revenus des ménages, les
comportements ostentatoires (comme les gaspillages dans les
cérémonies familiales) qui réduisent la possibilité d'épargner
et d'investir pour le moyen et long termes et les nombreuses fêtes
familiales et religieuses qui ont un coût sur la productivité et
sur la croissance du pays, la forte hiérarchisation des structures
traditionnelles qui ne confère pas une égalité des chances et
restreint les cercles de solidarité et de dynamique sociale, la
persistance des disparités de genre qui écartent les femmes des
instances de décision et les privent des moyens de production tout
en impactant négativement sur le taux de scolarisation des jeunes
filles et leur maintien à l'école, la tolérance sociale de la
mendicité qui touche aussi bien les adultes que les enfants et qui
génère des comportements d'assistés et la péréquation sociale
qui n'encourage pas l'épargne et inhibe l'esprit d'entreprise au
niveau individuel, la persistance de mentalités qui ne sont pas
favorables à la préservation des biens publics et à l'esprit de
citoyenneté.
Même si la lutte contre la pauvreté, implique
la nécessité de revisiter les valeurs culturelles et, de
transformer de manière radicale certains des repères fondamentaux
de la vie collective, il serait réducteur de penser que le substrat
socioculturel dans son essence, constitue une entrave pour le
développement. Ainsi, l'activation du capital socioculturel agit
comme un véritable amortisseur de la crise et participe à
l'augmentation de la croissance au même titre que le capital
physique.
Au Sénégal, ce capital social a une grande
importance car contribuant à la cohésion sociale autour d'un
ensemble de normes, de croyances culturelles et religieuses. Il
participe ainsi à l'émergence d'associations religieuses,
villageoises de développement, etc qui constitue un vaste réseau
d'entraide.
Il est bon de souligner que le secteur informel
et l'émigration (dont la contribution à la formation de la
croissance n'est plus à démontrer) se sont fortement appuyés sur
ce capital social arrimé sur des valeurs fortes de solidarité et de
partage.
L'enjeu réside donc dans la conduite d'un
inventaire des valeurs et comportements socioculturels, de manière à
extirper de la société ceux qui freinent le développement et
entretiennent la pauvreté, et à promouvoir ceux qui constituent des
facteurs d'accélération de l'émergence économique et sociale.