lundi 5 août 2013

L'uniforme de domination


L uniforme de domination

(ce texte est une tentative nouvelle pour moi en terme de style; sans doute à parfaire)

Regarde le monsieur assis en face
Celui aux cheveux ordonnés , pas un qui dépasse
En Costume 2 pièces, chemise et cravate sombre
Ces chaussures reluisent
comme la serviette à ces pieds.

Sa veste taillée à ravir
lui donne cette prestance
des hommes d’importance ;

Peut-être un banquier
ou même un assureur
Sans doute a-t-il des responsabilités
pour sortir si bien habillé

Ou alors commercial
cadre ou chef d'entreprise

C'est qu'ils se ressemblent tous
avec leur belle apparence
Ils ne portent pas de signes
qui révèlent leur personnes

Ils portent cet uniforme commun
aux messieurs respectables
Suivent les codes vestimentaires
des hommes de pouvoir.

On les confondrait
s'il ne leur restait un visage
Ils masquent le reste
A croire que c'est nuisible

Quand on est à leur place
la posture compte-elle tant ?
Se donner un air sérieux et fort
servirait leur fonction.

Mais à remplir si bien leur fonction,
Leur fonction les habite.
Ont-ils seulement conscience
de leur situation d' errance ?

Spectres à l'intérieur de leurs corps
où leur âme est coffrée,
ils ont endossé l'uniforme
de soldats sans raisons.

Ils ont ôté leur personne
transformés en androides.
Plus d'émotion, des mécanismes.
le fonctionnel a chassé le naturel.

Ils intériorisent les subordinations
aux règles de conduite de leur fonction,
aussi aisément qu'ils affirment
leur position conquérante.

Tout devient bienséance servile
aux normes de la domination.
Leur force réside dans cette façade
S'en démarquer serait un péril,

Quel danger que leur modèle
puisse attirer des fidèles
venant grossir les rangs
d'un ordre déshumanisant !

Convaincre, ordonner ou choisir
tel est leur quotidien
rien ne doit entraver
le chemin vers ces fins.

Occultés les détails
qui trahiraient leurs traits,
les mettraient à la merci
des vis-à-vis destinés
à appliquer, suivre ou obéir.

Livrer de sa personne
serait une ouverture,
derrière l'uniforme,
au delà de la fonction.

Ce serait montrer cette porte
derrière laquelle se trouve
l'âme résolument abandonnée
au risque de la dévoiler.

Ici se cache blotti
ce qui leur est propre,
ce qu'ils affectionnent
ou ce dont ils ont peur.

Il faut se prévenir
de cette part humaine
qui nous fait compatir
ou nous fait reculer.

La sympathie la compassion,
c est accepter que la limite
de son vis-à-vis humain
puisse constituer un obstacle.

Mais il faut bien avancer
sur le chemin de ces fins
sans craindre de forcer
la limite du prochain.

Et les craintes sont faiblesses
Barrières bonnes à bannir.
Qu'elles s'abaissent pour ne pas nuire
Aux desseins convoités !

Qu'elle reste dans cet espace
Cachée dans le veston,
l'âme n'a pas sa place
seulement la fonction !



Et leur sourire ?

Pas un sourire complice
Plutôt un acte opportuniste
Créer une attirance
et endormir la vigilance

Car il n'y a pas de tel conquis
que celui qui est séduit,
Une domination douce
n'en reste pas moins une.

La journée enfin finie,
Ils ôtent alors l'uniforme,
Mais l'âme jusqu'alors enfouie
réintègre-t-elle l'homme ?

Car si longtemps coffrée
Mécaniquement domptée
N'en reste-t- elle à jamais
Partiellement sclérosée ?

Le soldat sans raison
qui a trop porté son fanion
a perdu en chemin
celle qui guide son destin.

Il a couru sur la route
menant à la domination
Etouffant sa compassion
envers ses vis-à-vis.

Et c'est bien ce qu'il fit
quand le pouvoir il choisit
perdant sa sympathie
et sonnant sa déroute.